Catherine Berthe Gastaldi raconte Koumac

Mercredi 8 Février 2012

Catherine Berthe, pionnière de Koumac - Copyright : P. El Menaouer
Catherine Berthe, pionnière de Koumac - Copyright : P. El Menaouer
Je suis née en 1902 à Néhoué, dans une station située à une vingtaine de kilomètres de Koumac,  nous avions quelques voisin, relativement éloignes. Mon père est arrivé en Nouvelle-Calédonie dans les bagages de mon grand-père. Il avait alors 8 ou 9 ans. Je n’ai pas connu mon grand-père.

Mon père a fait du charroi pendant quelque temps. Grâce à son char à bœufs qui transportait du chrome, il a réalisé suffisamment  d’économies pour acheter la propriété de Néhoué. Je  me souviens qu’il élevait un grand troupeau.

Plus tard, lorsque la mine Pentecost s’est ouverte, dans les années 30, il a pris une patente de boucher, ce qui lui permettait d’approvisionner en viande le village minier que je trouvais très beau et bien organisé. Dans ma petite enfance, comme il n’y avait pas d’école à Koumac, mon père avait fait venir un instituteur depuis la France. C’est lui qui nous a fait l’école à Néhoué. Nous étions douze enfants. Ce qui explique qu’aujourd’hui il y a des Gastaldi un peu partout en Nouvelle-Calédonie ! Nous ne sommes que trois à avoir vu le jour à Néhoué. Tous les autres enfants sont nés à Bourail.

A l’époque, il n’y avait rien à Koumac : on y trouvait seulement la poste et l’hôtel Nogès.
Koumac se composait alors de trois maisons !
J’ai eu la chance d’avoir une belle enfance à Néhoué. Notre plus proche voisin était un de mes oncles maternels, Malet. Il paraît qu’il y avait également des Champion, mais je ne les ai pas connus.
A Néhoué, nous étions totalement isolés. Il n’y avait pas de route. Le «  tour de côte », c’était le Saint-Antoine, mouillait dans la baie de Néhoué, et nous allions y chercher les commandes que nous avions passées auprès des commerçants de Nouméa.
Quelque années avant la seconde guerre, c’était en 1937 je crois, je me suis installée à Koumac où une école venait d’ouvrir. Il n’y avait alors que de la brousse.

Madame Lemaître, qui vit encore à Koumac, y tenait un hôtel.  Elle était très jeune alors, peut-être 18 ans.
Il devait y avoir un magasin, Ballande sans doute. Il y avait aussi la mairie, la gendarmerie, mais très peu d’habitation.
Voilà à quoi ressemblait Koumac ! Avec Madame Lemaître, on se demandait souvent ce que l’on faisait dans de désert relié au chef-lieu par la mer uniquement !

A l’époque l’administration cédait gratuitement des lots dans le village. Moi je n’ai pas eu droit à la gratuité ! Allez  savoir pourquoi !
Puis vint la guerre contre le Japon. Quant elle s’est terminée, Koumac a vraiment commencé à se développer.
 

Source : le mémorial de la côte ouest - éd° 2000

Alix TARDIEU